Comment réinvestir la notion de progrès ?

Comment réinvestir la notion de progrès ? Telle est la question à laquelle se propose de répondre le séminaire que la Fondation a décidé d’organiser à partir de novembre 2012.

Cette question est d’une importance considérable. L’idée de progrès a, en effet, joué un rôle moteur dans le combat démocratique et dans les luttes pour la transformation sociale qui ont marqué l’histoire de la gauche. Fondée sur la conviction que l’activité humaine pouvait légitimement se fixer pour objectif d’améliorer la vie des peuples et que les générations les plus jeunes pouvaient bénéficier d’une existence meilleure que celle de leurs parents, la dynamique progressiste a donné un sens et une espérance à l’engagement de millions d’hommes et de femmes et à la mobilisation populaire.

Depuis plusieurs décennies l’idée de progrès est contestée ou remise en cause. Les raisons de cette mise en question sont de plusieurs ordres : certaines sont légitimes comme la critique de l’idéologie scientiste et productiviste qui a retardé l’indispensable prise de conscience de la nécessité de maîtriser socialement le mouvement des technologies et de transformer les modèles productifs dans une perspective de développement sociale et écologique. D’autres sont liées à l’offensive de régression sociale et démocratique engendrée par la domination absolue d’une globalisation financière appuyée sur le paradigme néolibéral.

D’autres enfin résultent des chocs en retour déclenchés par l’effondrement de l’Union Soviétique et du « socialisme réel » dans les pays d’Europe de l’Est.

20 ans après ces événements, et en un moment où une crise systémique d’une portée inouïe frappe le monde, il est temps de revenir sur ces débats de fonds pour :

  • approfondir ce que signifie le concept de progrès ;
  • analyser les contradictions dont il est porteur ;
  • dégager le potentiel transformateur qu’il peut recouvrer sous des formes renouvelées : par exemple celle du progrès humain durable ;
  • établir les conditions de maîtrise sociale indispensables pour qu’il donne la plénitude de ses potentialités.