Crise sociale, régime aux abois et contestation grandissante : l’onde de choc des révolutions arabes peut-elle toucher le Sénégal ?

Rencontre avec Samba Sy, philosophe enseignant, secrétaire du Comité central, membre du Bureau politique, chargé de la communication et porte parole du Parti de l’indépendance et du travail du Sénégal (PIT), syndicaliste.

Avec la participation d’un responsable du Comité de Suivi des Assises Nationales du Sénégal / Section France.

Vendredi 11 mars 2011, de 18h30 à 20h30
fondation Gabriel Péri,
11 rue Etienne Marcel (Pantin, 93)
métro Hoche

Entrée libre. Le nombre de place étant limité, merci de vous inscrire par mail à l’adresse inscription@gabrielperi.fr.

Alors que l’Afrique du Nord, le Proche et le Moyen-Orient vivent des moments de ruptures historiques, l’Afrique subsaharienne, si elle connaît partout une crise sociale d’ampleur similaire, parfois même plus profonde, ne semble pas connaître les mêmes mouvements de révoltes populaires. La question démocratique se pose pourtant avec tout autant de force dans ces pays.

Des régimes autoritaires agissant souvent sous une façade démocratique caractérisent les pouvoirs en place. Les chefs d’État africains observent d’ailleurs un silence douteux face aux événements en cours dans le monde arabe. Bien que l’Afrique subsaharienne présente des situations diverses, chacune bien particulière, les similitudes avec le monde arabe sont troublantes. Ces régimes clientélistes règnent par la corruption ; ils favorisent les inégalités en s’accaparant les ressources publiques et n’hésitent pas à entraver les libertés fondamentales. Ils ont en outre entretenu des relations financières et économiques avec les régimes déchus ou sur le point de tomber au nord du continent.

Au sud de la Mauritanie, pays marqué par le retour d’une dictature militaire qui réprime société civile et opposants politiques, le Sénégal a l’image d’une démocratie enracinée, où s’exprime la pluralité des idées, et d’un pays stable dans une sous-région fragilisée. Pourtant, aux dernières élections législatives, l’opposition a choisi, pour dénoncer les dérives de la présidence d’Abdoulaye Wade, de boycotter le scrutin. Et aux dernières municipales de 2009, la gauche coalisée au sein de Bennoo Siggil Senegaal (S’unir pour redresser le Sénégal) a remporté de nombreuses communes comme Dakar, Saint Louis, Fatick, Diourbel, Louga, etc.

Ce basculement à gauche prouve certes le fonctionnement des institutions démocratiques, mais il témoigne surtout du vif mécontentement de la population à l’égard de la gestion des affaires du pays par le président Wade au pouvoir depuis l’alternance en 2000. Plus largement, c’est toute la société civile qui s’est organisée au sein d’un processus innovant de participation et d’élaboration populaire, pour définir le cadre d’une refondation nationale à travers les « assises nationales du Sénégal » et la rédaction d’une « charte de gouvernance démocratique ».

D’ampleur internationale, la crise sociale s’accentue au Sénégal. La jeunesse est touchée par le chômage ; le coût de la vie augmente ; les délestages provoquant des coupures de courant quasi quotidiennes perturbent l’ensemble des activités. Luttes syndicales, paysannes, mouvements sociaux, grèves et manifestations marquent le paysage social comme en a témoigné le dernier Forum social mondial qui s’est tenu à l’université Cheikh Anta Diop au cœur de la capitale, en février dernier.

Comment évaluer les impacts des révolutions du monde arabe au Sénégal et mieux comprendre l’état de la société sénégalaise, ses mutations, la crise sociale qui l’agite et les mobilisations qu’elle suscite ? Comment appréhender la situation politique marquée par la préparation des prochaines élections présidentielles prévues en 2012 ? Samba Sy, enseignant, militant, nous éclairera sur ces enjeux.

Un responsable du Comité de Suivi des Assises Nationales du Sénégal / Section France participera à la rencontre en qualité de discutant. Puis suivra un débat avec le public.


Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr