Le socialisme et le communisme aujourd’hui

La fondation Gabriel Péri attire votre attention sur le séminaire du laboratoire SOPHIAPOL de l'Université de Nanterre qui débute le 7 février 2018.

   

 

 Séminaire Le socialisme et le communisme aujourd’hui

 

Organisation : Pierre Sauvêtre   psauvetre@parisnanterre.fr

Programme :

En raison de la mobilisation mardi 6 février contre la sélection à l'Université, la première séance du séminaire "Le socialisme et le communisme aujourd'hui" avec Bernard Friot est reportée au lendemain. Elle aura lieu ce mercredi 7 février de 17H à 19H au bâtiment D, salle 201 b de l'Université Paris Nanterre. http://sophiapol.hypotheses.org/21678

Bernard FRIOT (Professeur émérite de sociologie, Université Paris Nanterre, IDHES) :

« Le déjà-là de la pratique communiste du travail en France »

Parutions :

  • Vaincre Macron, La Dispute, 2017
  • Puissances du salariat, La Dispute, 2012 (édition augmentée).

"Comment vaincre Macron, et donc le Medef ?
En retrouvant la fierté de notre histoire populaire, qui est une histoire d’émancipation du travail, pour sortir le débat public de la fange de la xénophobie et prolonger les conquêtes du mouvement ouvrier au XXe siècle. 
Le temps est venu de donner un contenu économique concret à l’audace démocratique de l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : les humains naissent et demeurent libres et égaux en droits. Toute personne majeure résidant sur le territoire national doit être dotée de trois droits inaliénables : 
- la propriété d’usage de l’outil de travail afin de faire les choix majeurs dans l’entreprise ; 
- la participation à la délibération des caisses chargées de subventionner l’investissement à la place du crédit bancaire et des groupes capitalistes ; - le salaire à vie afin que, assurés de notre reconnaissance sociale, nous décidions au travail en toute liberté. 
En prenant en main l’investissement et les entreprises, nous vaincrons Macron, et nous sortirons la production de la folie écologique, anthropologique et territoriale du capitalisme".

Mercredi 14 Février (16H-18H)

Pierre DARDOT (Philosophe, chercheur associé au Sophiapol, Université Paris Nanterre) :

« Le communisme des communs »

Parutions (avec Christian Laval) :

  • L’Ombre d’Octobre, La Révolution russe et le spectre des soviets, Lux, 2017
  • Commun. Essai sur la révolution au XXIème siècle, La Découverte, 2014

 

Mardi 20 Février (16H-18H)

Franck FISCHBACH (Professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg, CREPHAC) :

« Le renouvellement du socialisme »

Parutions

  • Qu’est-ce qu’un gouvernement socialiste ? Ce qui est vivant et ce qui est mort dans le socialisme, Lux, 2017.
  • Le sens du social. Les puissances de la coopération, Lux, 2015.

 

Vendredi 23 Février (16H-18H)

Estelle FERRARESE (Professeure de philosophie à l’Université de Picardie Jules Vernes, CURAPP) :

« Féminisme et socialisme »

Traduction :

  • Nancy Fraser, Le féminisme en mouvements, Paris, La Découverte, Textes à l’appui, 2012.
  • Nancy Fraser, Qu’est-ce que la justice sociale ? De la redistribution à la reconnaissance, Paris, La Découverte, Textes à l’appui, 2005.

Texte en ligne :

« Nancy Fraser et la théorie du prendre part » : http://www.laviedesidees.fr/Nancy-Fraser-ou-la-theorie-du-prendre-part.html

A paraître :

  • Estelle Ferrarese, La fragilité du souci des autres. Adorno et le care, Lyon, Editions de l’ENS, 2018.

 

Mercredi 7 mars (16H-18H)

Pierre CHARBONNIER (Chargé de recherche au CNRS, LIER) :

« Ecologie et socialisme »

Parution :

La fin d’un grand partage. Nature et Société de Durkheim à Descola, CNRS Editions, 2015.

Article :

« Le socialisme est-il une politique de la nature ? Une lecture écologique de Karl Polanyi », Incidence, n°11, 2015, p. 183‑204.

 

Mercredi 14 mars (16H-18H)

Alexis CUKIER (Directeur de programme au Collège International de Philosophie, chercheur associé au Sophiapol) :

« Travail démocratique et socialisme »

A paraître

  • Le travail démocratique, PUF « Actuel Marx », 2018.

 

Mercredi 21 mars (16H-18H)

Cyril LEMIEUX (Sociologue, Directeur d’études à l’EHESS, LIER) et

Bruno KARSENTI (Philosophe, Directeur d’études à l’EHESS, LIER) :

« Le socialisme comme fait social »

Parution :

  • Socialisme et sociologie, EHESS, 2017.

 

Mercredi 28 mars (16H-18H)

Pierre SAUVETRE (Maître de Conférences en sociologie, Université Paris Nanterre, Sophiapol) :

« Communalisme et socialisme chez Murray Bookchin »

et

Mathieu LEONARD (Historien et journaliste) :

« La Commune contre l’Etat – le communalisme, la voie oubliée du socialisme ? »

Parution :

  • Mathieu Léonard, L’émancipation des travailleurs. Une histoire de la Première Internationale, Paris, La fabrique, 2011.

Recueil d’extraits :

  • CQFD, Mensuel de critique et d’expérimentations sociales, n°154, mai 2017, « Communs, Commune, Communalisme : morceaux choisis »

 

Argumentaire :

            Si l’idée d’une société « post-idéologique » a fait long feu, les forces qui ne se reconnaissent ni dans le libéralisme ni dans le nationalisme réactionnaire apparaissent cependant dispersées et peinent à dégager un cadre idéologique mobilisateur. Dans ces conditions, l’affaiblissement électoral considérable des partis qui se reconnaissent comme « socialistes » ou « communistes », le recours au « populisme » qui tend à flouter les différences avec le nationalisme réactionnaire, la difficulté de certains enjeux sociaux (les rapports de genre, l’écologie, l’antiracisme notamment) à produire par eux-mêmes un mouvement politique, ou encore la dégradation sensible des outils de défense des salariés sont autant de facteurs qui peuvent légitimer une tentative pour réinvestir les catégories de « socialisme » et de « communisme » et de repenser leur contenu dans des conditions nouvelles.

            C’est à la diversité des formes contemporaines de ce réinvestissement et à ses enjeux que ce séminaire veut se consacrer. A supposer que le « socialisme » ou le « communisme » puissent à nouveau figurer une alternative au libéralisme, sur quelles bases pratiques et théoriques peuvent-ils être reformulés ?

            On se limitera dans cette présentation à poser quelques questions quant aux conditions de ce réinvestissement :

         Premièrement, la question de l’historicité. La possibilité de repenser le socialisme et le communisme suppose nécessairement de considérer que ces idéologies se caractérisent par leur historicité. Quel rapport chacune d’elles entretient-elle alors avec sa propre tradition ? S’agit-il de réinvestir une forme originelle de socialisme ou de communisme, au besoin en soulignant que les organisations qui s’affichent aujourd’hui sous ce nom – et de manière générale la gauche – n’ont plus aucun rapport avec leur inspiration première. S’agit-il d’insister sur une tradition minoritaire et oubliée ? S’agit-il d’une réinvention à partir d’éléments nouveaux qui ne pouvaient être pris en compte par la tradition ? Corrélativement, c’est aussi la question des expériences pratiques sur lesquelles s’appuyer : existe-t-il des « fragments » socialistes ou communistes dans notre réalité sociale, ou faut-il tout reconstruire ?

         Deuxièmement, la question de l’articulation des enjeux sociaux. Comment en particulier positionner l’enjeu du travail autour duquel ces deux idéologies politiques se sont initialement construites avec les autres enjeux sociaux que nous évoquions précédemment (féminisme, écologie et antiracisme). Si l’on ne peut plus faire de ces enjeux des « contradictions secondaires », où s’agit-il de mettre le curseur ? Le travail perd-il sa centralité ? S’agit-il au contraire précisément de mettre en avant l’un de ces enjeux, l’écologie ou le féminisme, comme la condition nouvelle à partir de quoi penser un socialisme ou un communisme renouvelé ? Corrélativement, c’est aussi poser la question des forces sociales capables de porter l’alternative, et donc aussi la question des classes.

          Troisièmement, la question des organisations, des institutions et des espaces. Le socialisme et le communisme doivent-ils s’ancrer localement, à l’échelle de la nation, de l’Europe ? Sont-ils internationalistes ou transnationalistes ? Quel rapport entretiennent-ils ensuite avec les institutions existantes : faut-il investir les institutions municipales, l’Etat-nation, l’Union européenne ? Ou les désinvestir ? Construire des contre-institutions ? Du point de vue stratégique, le régime représentatif et l’espace électoral ont-ils encore une pertinence ? La forme du parti est-elle dépassée ? Quel rôle les syndicats et les associations sont-ils appelés à jouer, et sous quelle forme ?

         Enfin, la question de la place des sciences humaines et sociales et du rapport au savoir. Si le savoir, et a fortiori le savoir du socialisme et du communisme, ne peut plus être l’apanage d’une organisation ni même d’une classe, mais si dans le même temps il convient d’insister sur le rapport étroit qui lie en particulier le socialisme et la sociologie, comment le chercheur se positionne-t-il dans l’appropriation par la société du savoir de la transformation ?


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