Le Cameroun, de la sale guerre à nos jours : quelles perspectives pour une reconquête des libertés et une indépendance réelle

Projection-débat du film de Frank Garbely "Mort à Genève : l’empoisonnement de Félix Moumié".

Mardi 7 février 2012 
18h30 - 21h 
Fondation Gabriel Péri 
11, rue Étienne Marcel à Pantin (93) 
métro Hoche. 
Plan d’accès>>

Entrée libre. Le nombre de places étant limité, il est recommandé de s’inscrire par mail à l’adresse : inscription@gabrielperi.fr

Débat avec :

  • Frank Garbely, réalisateur ;
  • Augusta Epanya, membre de la direction de l’Union des populations du Cameroun (UPC) en France, auteur avec Jean Chatain et Albert Moutoudou, de L’Indépendance piégée (Éditions L’Harmattan, 2011) ;
  • Manuel Domergue, journaliste à Alternatives économiques, porte-parole du collectif Jeudi Noir, auteur avec Thomas Deltombe et Jacob Tatsitsa, de Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) (Éditions La Découverte, 2011).

Félix Moumié, le célèbre combattant de l’indépendance camerounaise, est mort à Genève le 3 novembre 1960. Il a été victime d’un attentat. Un agent des services secrets français l’a empoisonné. La justice genevoise connaissait l’assassin mais, sous pression de la France, il n’a jamais été jugé. La France redoutait une procédure contre l’assassin de Moumié – de peur de révélations sur sa guerre sale au Cameroun.

En effet, à cette époque et à l’abri de l’opinion publique mondiale, les troupes françaises ont liquidé plusieurs dizaines de milliers de Camerounais, et utilisé la torture comme en Algérie. Pour le gouvernement français, le Cameroun avait une importance stratégique particulière. Paris craignait qu’en cas de défaite contre le mouvement d’indépendance UPC de Félix Moumié, la France ne perde pas seulement le Cameroun, mais également les autres colonies d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

Pour Paris, il n’y avait qu’une solution : après Ruben Um Nyobé, figure historique de la lutte pour l’indépendance, abattu par des militaires français le 13 septembre 1958, Félix Moumié devait disparaître et son mouvement devait être éliminé - à n’importe quel prix.

Après la projection du film de Frank Garbely, qui donne les clés de la compréhension de cet assassinat politique, une discussion s’ouvrira en présence du réalisateur. Augusta Epanya et Manuel Domergue partageront leurs réflexions à la lumière de leurs travaux respectifs sur cette période, et de leur engagement pour un Cameroun indépendant et libre, un défi toujours d’actualité, puisque le président Paul Biya entame sa 29e année au pouvoir avec le soutien de la France.


Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr