La Pensée n° 378

Sommaire

Hegel saisi par le matérialisme

  • Présentation

  • Le noyau, le squelette et la dialectique, par Pierre Dardot
    Comment comprendre la métaphore du « noyau rationnel » de la dialectique hégélienne ? Ce noyau ne vient pas frapper contre son écorce, tel l’esprit intérieur contre le monde extérieur. Loin d’être l’âme du tout et son principe moteur, comme l’est la méthode chez Hegel, il est totalement inerte et passif. Le noyau n’est pas un coeur, il n’est que le « squelette » de la dialectique hégélienne, c’est-à-dire son schème formel : celui d’une activité qui, en posant ses propres conditions de son devenir, pose les conditions de son dépassement.
  •  La science de la logique et la logique des arts, par Alain-Patrick Olivier
    L’art et la philosophie font un travail en commun. Mais parler d’une logique des arts revient à mettre en question la construction de l’art comme sensible. Cela semble contredire le schéma commun du hégélianisme comme du deleuzianisme. On peut néanmoins critiquer ce schéma au regard de la dialectique même, et la lecture de la Science de la logique de Hegel permet alors d’envisager une nouvelle théorie (matérialiste) de l’art.
  •  La politique sociale du jeune Hegel, par Gérard Bras
    Dans Le système de la vie éthique, le jeune Hegel fonde sa politique sur le concept de peuple, contrairement à ce qu’il fera dans les Principes de la philosophie du droit. On tâche de dégager la signification de cette décision qui situe le penseur de Iéna dans la filiation de Rousseau. L’analyse qui en rend raison commence par l’élaboration du concept de travail compris comme relation de l’homme à la nature. Il l’engage dans une voie qui conduit au matérialisme dans la mesure où le travail n’est pas défini comme effort, mais comme activité productive déterminée par la ruse, la loi du moindre effort. C’est ce qui lui permet d’accorder une place privilégiée aux instruments de travail, et de penser le devenir mécanique du travail industriel. Socialement, la conséquence c’est la division entre deux pôles, celui de la richesse accumulée d’un côté, et celui de la grande pauvreté de l’autre. Cette tendance met en danger l’existence même du peuple comme sujet politique. C’est ainsi que la politique doit être sociale, en deux sens : en ce qu’il s’agit d’intervenir sur la redistribution des richesses ; mais surtout en ce que la politique trouve son fondement dans la division sociale.
  • Hegel et la démocratie athénienne. Quelques remarques, par Fiorinda Li Vigni
    Les leçons berlinoises sur la philosophie de l’histoire de Hegel reconnaissent dans la démocratie antique et en particulier dans le régime athénien l’oeuvre libre d’individus rationnels, pour lesquels la société et les institutions politiques ne sont pas une donnée naturelle, mais un produit de
    leur propre volonté, qu’ils honorent, et pour lequel ils doivent s’éduquer eux-mêmes. Dans ses analyses le philosophe se réfère en large mesure à la représentation que la démocratie athénienne offre d’elle-même et rejette par contre, à travers un choix révélateur des sources, les opinions des adversaires du régime. Il se dessine ainsi une image renouvelée de cette constitution, à travers laquelle Hegel exprime en outre son appréciation nuancée de la Révolution française.
  • L’anti-hégélianisme, par Éric Puisais
    Hegel a été diversement compris, en France, au XIXe siècle. Les uns ont vu en lui un chantre d’une forme nouvelle de matérialisme, tandis que d’autres le considéraient comme le « prophète de Bismarck ». Cet article se propose de dégager quelques pistes de réflexion autour de ce parcours insolite et paradoxale d’une pensée en mouvement hors de son champ premier d’expression. Au coeur du débat sur le matérialisme, Hegel a pris, au XIXe siècle, en France, une place fondamentale. L’anti-matérialisme a compris Hegel comme étant susceptible d’apporter au matérialisme les éléments philosophiques de sa construction théorique. Cet article envisage quelques-uns des moments de cette querelle du matérialisme français dans son rapport à la réception de Hegel.

LE COURS DES IDÉES

  • Jaurès et la stratégie de l’« évolution révolutionnaire », par Jean Paul Scot
    Face à la double crise divisant les partis socialistes européens, la « révision du marxisme » par Bernstein et la « participation ministérielle » de Millerand, Jaurès cherche à dépasser l’antinomie entre « réforme » et « révolution » en définissant en 1901 la stratégie de l’« évolution révolutionnaire ». Cette formule, empruntée à Marx, synthétise 1. le passage du capitalisme au socialisme par l’introduction gradualiste de formes de production anticapitalistes, 2. la conquête du pouvoir politique, non par la dictature du prolétariat, mais par le suffrage universel et une large mobilisation populaire et 3. la mise en pratique immédiate de réformes introduisant des « germes
    de communisme » (nationalisations, services publics, coopératives) dans la société actuelle.
  • T. Hodgskin, le procès du travail contre le capital, par Claude Morilhat
    Parmi les économistes socialistes anglais, Marx accorde une importance particulière à T. Hodgskin (1787-1869), à ses deux ouvrages : Défense
    du travail contre les prétentions du capital et Économie politique populaire. L’article s’attache dans un premier temps à la critique de l’économie politique classique développée par Hodgskin du point de vue des travailleurs, à sa dénonciation de l’antagonisme entre capitalistes et ouvriers ; mais il souligne également les limites de cette violente critique. Dans la seconde partie l’article envisage la lecture d’Hodgskin effectuée par Marx, plus particulièrement dans les Théories sur la plus-value.

REVUE DES REVUES

  • Du sport...  par Patrick Coulon

VIE DE LA RECHERCHE

  • La « fin de l'histoire » ou le temps messianique, par Jean-Claude Paye
  • À propos des théories sur les crises, par Jean Magniadas
  • Le courant unitaire de la FEN, syndicat et politique, par Jocelyne George

documents

  • Le souffle de l'Amérique latine sur le Vatican

LIVRES

  • Comptes rendus par Vincent Taconet, Jean-Pierre Jouffroy, Patrick Coulon, René Nouailhat, Laurent Etre

Commander

La Pensée n° 378
  • Gabriel Péri Prix : 19.00 €
  • En stock
Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr