Gabriel Peri

Un esprit libre et lucide

La Fondation a choisi un nom : celui de Gabriel Péri, journaliste et homme politique, dirigeant communiste et Résistant, fusillé par les nazis. Pourquoi ce choix ? Sa vie et sa mort en répondent.

Gabriel Péri est né en 1902, à Toulon, dans une famille d’origine Corse d’une modeste aisance.

Il s’engage très tôt en politique. En 1917, il adhère aux jeunesses socialistes et en 1920, alors qu’il n’a que 18 ans, sa situation familiale l’oblige à abandonner ses études après le baccalauréat. Dès lors, outre son activité professionnelle dans une entreprise de navigation, il se consacre entièrement à l’activité politique, particulièrement par la plume : il collabore à diverses publications à Aix, à Marseille et, surtout à la revue « Clarté », fondée par Henri Barbusse et Paul Vaillant Couturier. Il ne cessera plus d’écrire, et particulièrement - c’est sa seconde grande passion - sur les questions internationales. En 1924, le jeune homme de 22 ans devient ainsi le chef du service politique étrangère du journal l’Humanité, fonction qu’il exercera jusqu’au 25 août 1939. Député d’Argenteuil en 1932 (réélu en 1936), Gabriel Péri s’imposa très vite, à l’Assemblée Nationale, comme un parlementaire parmi les plus compétents dans le domaine des relations internationales et diplomatiques.

Si, au sein du Parti communiste et à la rédaction de l’Humanité, ses rapports avec beaucoup des autres dirigeants communistes furent souvent orageux, Péri jouissait d’un prestige considérable au sein du parti, parmi les militantes et militants, aussi bien qu’à l’extérieur, en raison de ses brûlantes convictions antifascistes.

Il fut l’accusateur de l’Italie Mussolinienne lors de l’agression contre l’Ethiopie et prit la défense de la république espagnole en dénonçant avec force la politique de la non intervention.

Après la signature des accords de Munich il s’affirma comme le plus écouté des porte-parole de la résistance au diktat de Hitler.

La nouvelle du pacte germano-soviétique suscita son inquiétude. Néanmoins, convaincu de l’instabilité de la situation qui en découlait il s’attacha, à l’Assemblée Nationale, à montrer « qu’une attitude sentimentale et passionnelle à l’égard du traité ne servirait de rien, que le mieux serait d’essayer de faire du traité un point de départ dans le sens de la pacification générale ».

La « tiédeur » de Péri à l’égard du pacte, puis le cours suivi par le PCF faisant sienne à partir du 1er octobre 1940 la thèse de la « guerre impérialiste » contribuèrent à détériorer sensiblement ses rapports avec la direction communiste, tout particulièrement avec André Marty.

En revanche, il se réjouira, fin avril 1941, lorsque la politique d’union contre le nazisme qu’il appelait de ses vœux commença à prendre forme avec la création du Front National. Mais il est arrêté sur dénonciation le 18 mai de la même année, et fusillé le 15 décembre, au Mont Valérien.

Transcendé par la poésie d’Aragon [1] il devient à la libération un mythe de la résistance à l’occupant, un héros dont le nom est donné à des dizaines de rues et de places à travers la France.

C’est pour rendre hommage à l’audace, à l’esprit libre et anticonformiste, à l’intellectuel lucide et exigeant, anticipateur, que la fondation créée par le Parti communiste et présidée par Robert Hue, s’appelle Gabriel Péri.


[1] Gabriel Péri est cité dans deux poèmes d’Aragon, directement dans«La légende de Gabriel Péri», et par allusion dans «La Rose et le Réséda», où Honoré d’Estienne d’Orves est «celui qui croyait au ciel», Gabriel Péri «celui qui n’y croyait pas» 

Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr