Editorial – Pour une visée claire par Robert Hue, 1er février 2005

Créer une fondation politique qui s’inscrive dans la mouvance communiste était une idée ancienne. Nous nous sommes attelés à sa réalisation avec détermination, conscients de sa nécessité, sans doute même, de son urgence.

Michel Maso, le directeur de la Fondation, en expose ci-après les raisons et les ambitions. Je n’y insisterai pas. Sauf, peut être, pour rappeler ce que j’ai eu l’occasion de souligner devant de jeunes professionnels et des étudiants de la Conférence Olivaint, en octobre dernier :

« Dans la lutte politique, les partis confrontent des opinions, des positions, quelque fois des analyses. La vocation d’une Fondation est tout autre. Il s’y approfondit et s’y confrontent des connaissances. Il peut en naître des idées - il serait souhaitable qu’il en soit ainsi. Que ces idées s’incarnent dans le projet de tel ou tel parti n’est cependant pas le but. Le but s’est d’être utile au débat républicain, c’est-à-dire à la préservation du pluralisme politique. Car pour que le citoyen agisse et ne soit pas agi, pour qu’il fasse la politique et ne soit pas « refait » par elle, il faut non seulement qu’il soit informé, il faut qu’il ait le choix. Les Fondation doivent participer de cette liberté »

Si je reprends, aujourd’hui, ce propos, c’est pour mieux m’attacher à une dimension de la politique que j’estime essentiel : l’éthique.

La morale en politique est affaire de probité, bien sûr. Elle n’est pas que cela. Elle tient à une cohérence parfaite entre le but et le moyen ou, si l’on veut, entre la pensée et l’action. Il ne s’agit pas seulement ici que les promesses soient tenues - On sait comment les citoyens ont pris l’habitude ces dernières décennies de sanctionner l’écart entre les programmes électoraux et les réalisations - il s’agit d’inscrire ses actes dans une visée qui soit claire pour toutes et tous : là se trouve, de mon point de vue la question de la politique aujourd’hui. Et pour qu’une visée soit claire, il faut qu’elle s’appuie sur une connaissance du réel à la fois profonde et étendue. Bref, la politique a besoin de la science, plus encore que par le passé. Notre ambition est, en toute humilité, de contribuer à servir cette connaissance.

Robert Hue Sénateur Président de la Fondation Gabiel Péri

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