Construire la paix, déconstruire la guerre

Séminaire dirigé par Fabienne Pourre, membre du bureau de la fondation Gabriel Péri.

Pour sa dernière audition avant l'été, la fondation Gabriel Péri a le plaisir de recevoir :

  • Jean-Paul Scot, sur le thème : "Guerre, paix et laïcité : retour sur la dialectique de Jean Jaurès".

Jean-Paul Scot est histoirien, auteur notamment de Jaurès et le réformisme révolutionnaire, Seuil, 2014, et de L'État chez lui, l'Église chez elle : Comprendre la loi de 1905, Seuil, 2005.

Jeudi 1er juin
de 18h à 20h
Tour Essor (22e étage)
14 rue Scandicci - 93500 Pantin
M° Hoche ou Porte de Pantin
T3b Delphine Seyrig
Merci de confirmer votre présence par mail à inscription@gabrielperi.fr


Pourquoi les religions divisent-elles les hommes, provoquent ou justifient des guerres, alors qu'elles se présentent comme des forces de paix ? En quoi la laïcité, telle qu'elle a été affirmée en France, peut-elle garantir la paix civile entre les hommes et la paix internationale entre les nations ? Plutôt que de traiter ces questions de façon abstraite et générale, l'historien, Jean-Paul Scot, préfère expliquer comment Jean Jaurès a posé ces questions dès 1891 et comment il y a répondu avec de plus en plus de précision entre 1905 et 1914. Son questionnement et ses réponses nous interpellent toujours.

Pourquoi Jaurès, départi de toute religion et républicain laïc, une fois rallié au marxisme et au socialisme, affirme-t-il encore que "le problème religieux est le plus grand problème de notre temps et de tous les temps", mais que "le christianisme traditionnel se meurt philosophiquement, scientifiquement et politiquement", et donc que "les vrais croyants sont ceux qui veulent abolir l'exploitation de l'homme par l'homme, les haines d'homme à homme, les haines aussi de race à race, de nation à nation et créer vraiment l'humanité qui n'est pas encore" (1891) ?

Pourquoi Jaurès, député socialiste, champion de la" lutte des classes" sinon de la "guerre des classes", peut-il affirmer que "c'est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque pays que sortent les conflits entre les nations" et que la société bourgeoise "violente et chaotique, même quand elle veut la paix, porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l'orage" et, donc, que la paix, dans la nation comme entre les nations, ne peut être garantie véritablement que par un renversement de la domination capitaliste et impérialiste (1905) ? Pourquoi Jaurès peut-il affirmer que la paix civile dans une nation passe dès maintenant par le "respect mutuel" de toutes les opinions et convictions puisque "démocratie et laïcité sont synonymes" ?

Pourquoi Jaurès, socialiste pacifique mais non pacifiste, peut-il proclamer que "toute guerre est criminelle si elle n'est pas manifestement défensive" et donc organiser la défense nationale par l'organisation d'une armée populaire tout en affirmant que tout conflit entre Etats doit être prévenu ou solutionné par "la solution de l'arbitrage international" ? "C'est dans l'Internationale que l'indépendance des nations a sa plus haute garantie ; c'est dans les nations indépendantes que l'Internationale a ses organes les plus puissants et les plus solides. On peut presque dire : un peu d'internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d'internationalisme y ramène."

La laïcité, fondée sur la dialectique des principes de liberté et d'égalité entre tous les êtres humains, doit être conçue comme un principe universel pour pouvoir être une garantie de la paix.

 

La séance sera animée par Guillaume Roubaud-Quashie, professeur d'histoire, directeur de la Revue du projet.

 

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