Programme 2009-2010
Des faux consensus et idées reçues…
aux nouveaux défis pour une politique éducative alternative
Pour sa deuxième année de fonctionnement, le séminaire prend pour « fil rouge » des questions insuffisamment débattues, que les discours ambiants présentent comme des évidences. Et qui sont trop souvent repris à gauche, en s’empêchant ainsi de présenter une réelle alternative aux logiques en cours.
La liste est trop longue de ces faux consensus, de ces idées reçues, pour les aborder toutes. On privilégie celles qui sont d’une actualité brulante et ont fait l’objet de recherches récentes qui permettent de les aborder sous un autre jour.
L’objectif des séances est moins de formuler des propositions alternatives dans un premier temps que de désigner les chantiers de travail politique sur l’éducation qui permettraient de construire une alternative aux logiques en cours. Le débat à la fête de l’humanité était déjà dans cette perspective : L’école à l’école ou l’école hors l’école – Les contradictions du (des) « partenariat(s) »
Les séances ont lieu à 19h dans les locaux de la Fondation Gabriel Péri
11, rue Étienne Marcel, Pantin (93)
(plan d’accès)
Entrée libre. Le nombre de place étant limité, merci de bien vouloir vous inscrire par courrier électronique à l’adresse : inscription@gabrielperi.fr en précisant les séances souhaitées.
Mardi 15 décembre
Les enjeux autour des catégories de pensée qui accompagnent les politiques éducatives des organismes internationaux et européens
Selon les directives européennes et les réformes actuelles en France, il y aurait des élèves « à besoin particulier » et autres catégories… poussant de fait à renoncer à l’égalité d’objectifs et à chercher à créer des conditions pour y parvenir durant la scolarité unique.
Avec Daniel Frandji, sociologue de l’éducation, laboratoire LAMES, détaché à l’INRP, co-auteur du livre : Les politiques d’éducation prioritaire en Europe - Conceptions, mises en œuvre, débats, avec Marc Demeuse, David Greger, Jean-Yves Rochex (dir.), 2008, INRP, coll. Education, politiques, sociétés.
Mardi 9 février
Le diplôme, arme des faibles ?
« Inflation scolaire », « dévalorisation des diplômes », « jeunes surqualifiés », « déclassement social », toutes ces expressions installées depuis longtemps dans les débats sur l’école et sur la jeunesse ont à nouveau la faveur de certains discours politiques, trouvent un large écho dans les médias et reçoivent l’assentiment de bien des chercheurs.
Elles posent pourtant quelques problèmes pour analyser l’évolution des rapports complexes entre le système éducatif et l’appareil productif. Elles méconnaissent notamment les ressorts de la conversion massive des classes populaires au modèle des études longues pour leurs enfants. Le diplôme n’est-il pas au contraire l’arme des faibles ?
Avec Tristan Poullaouec, sociologue de l’éducation, laboratoire CENS / Université de Nantes, qui appuiera son propos sur une analyse de données quantitatives issues de la statistique publique concernant l’insertion professionnelle et les carrières dans le monde du travail. Il est l’auteur du livre à paraître sur ces questions aux éditions La Dispute.
Mardi 6 avril
La maternelle : dernier soupir ou nouveau souffle ?
Les ministères concernés par la petite enfance cultivent des discours « contradictoires » sur l’école maternelle : maillon indispensable dans la scolarité des enfants (cf les programmes) elle est par ailleurs vouée à une seule de ses missions, un mode de garde et de socialisation parmi d’autres. Les raisons invoquées sont la nécessité pour le petit enfant de s’épanouir dans le cercle familial, dans le respect de ses rythmes naturels (?), qui seraient antinomiques avec une école trop scolaire (?).
Ces positions évacuent aussi bien la question de la préparation intellectuelle à l’école élémentaire que celle de la spécificité du développement permis par l’apprentissage de savoirs. Pour autant, l’école maternelle, pas plus qu’aucun autre degré du système éducatif, n’est à l’abri des contradictions qui la traversent. Elle permet des apprentissages et elle participe aux inégalités, car tous les enfants ne sont pas « spontanément » en connivence avec les cultures scolaires et savantes ; d’où l’utilité d’identifier les chantiers pour la transformer dans une visée progressiste plutôt que de la faire disparaitre.
Avec Élisabeth Bautier, Christophe Joigneaux (Chercheurs en Sciences de l’éducation à l’Université Paris 8, laboratoire CIRCEFT-ESCOL) et Christine Passerieux (GFEN).
Auteurs des ouvrages : Apprendre à l’école. Apprendre l’école - Des risques de construction d’inégalités dès la maternelle, Bautier E. et al., Chronique sociale, 2009 ; La maternelle : première école, premiers apprentissages, Passerieux Ch., Chronique sociale, 2009.
Mardi 1er juin
La carte scolaire, le marché et le mythe de la concurrence
Selon les dérégulateurs de la carte scolaire, l’école souffrirait surtout du manque de performance intrinsèque des équipes enseignantes (indépendamment des politiques de (non)-formation, etc.) et/ou d’une dépendance du “contexte” des établissements scolaires (avec des discours ethnicisés et fatalistes sur les enfants de pauvres). L’institution se dédouane ainsi de sa responsabilité à remédier aux inégalités de réussite entre classes sociales, en renvoyant le problème aux familles, considérées comme des publics sur un marché, à qui il revient de produire de la mixité sociale tout en étant incitées à chercher à scolariser chacun son enfant dans un établissement à l’abri d’un environnement défavorable.
Masquage du politique, accréditation d’une lecture ethnicisée de la société, solutions individuelles… ces idées latentes diffusent bien au-delà des promoteurs des réformes en cours. D’où la nécessité d’un chantier de travail pour une alternative.
Avec Choukri Ben Ayed, (Sociologue de l’éducation, laboratoire MODYS / Université Jean Monnet / Saint-Etienne), auteur des livres : Le nouvel ordre éducatif local. Mixité, disparités luttes locales, PUF, 2009 ; Carte scolaire et marché scolaire, éd. Temps / FSU, 2009
