Présentation détaillée et objectifs du colloque

Contexte :

La crise internationale constitue un élément nouveau qui impacte le continent africain et ses relations au monde de manière spécifique. Si la contagion de la crise financière est limitée en Afrique du fait de la faiblesse de ces marchés bancaires et financiers, les conséquences économiques, sociales, politiques et environnementales sont néanmoins réelles.

Affrontant déjà les crises politiques et le mal-développement, l’Afrique a vécu la crise dans sa dimension alimentaire avant les pays du Nord, de façon inattendue et soudaine avec la hausse du prix des produits agricoles et de première nécessité dès la deuxième moitié de l’année 2007, provoquant des troubles sociaux et politiques dans de nombreux pays.

La crise alimentaire dont une des causes est la spéculation sur les matières premières agricoles, valeurs refuges sur lesquelles se sont précipités les capitaux menacés par l’effondrement des valeurs immobilières aux Etats-Unis (crise des subprimes), constitue une dimension fondamentale de la crise globale.

L’Afrique toujours caractérisée par la grande pauvreté de sa population a été touchée de plein fouet. Ces développements sont le fruit d’un système capitaliste en recherche d’un profit toujours plus grand au détriment de la satisfaction des besoins humains et de l’environnement. Ce système apparaît d’autant plus injuste que le continent se vit comme étant pillé, faiblement représenté dans les négociations internationales et dans les institutions, trompé par ses gouvernements prédateurs, et comme n’ayant aucune prise sur ce système.

Alors que la critique à l’égard des politiques libérales et d’ajustement structurel de la Banque mondiale et du FMI est vive depuis plus d’une dizaine d’années, la crise internationale et la façon dont elle est vécue en Afrique constituent une opportunité pour rompre avec les logiques dominantes antérieures.

Le moment apparaît donc décisif : la crise sonne-t-elle le glas du néolibéralisme en Afrique ? Quels changements et quelles alternatives sont à l’oeuvre ou à mettre en oeuvre ? Quelles solidarités internationales cela suppose-il ?

Ces questions se posent quand la plupart des pays africains fêteront en 2010, les cinquante ans des indépendances.

Nature :

Après deux éditions, l’une consacrée à la refondation des relations entre la France et l’Afrique (2005) et l’autre à l’Afrique et l’Europe dans la géopolitique mondiale (2008)1, la fondation Gabriel Péri et le Parti de l’indépendance et du travail du Sénégal organisent un troisième colloque international sur le thème de l’Afrique et la crise les 18 et 19 mai 2010 à Dakar.

La FGP et le PIT consolident une ambition, celle de construire une structure de dialogue, d’échange et de concertation avec les acteurs progressistes africains, chercheurs, responsables politiques, associatifs et syndicaux.

Objectifs :

Les objectifs du colloque portent sur l’analyse de la crise et de ses conséquences en Afrique, sur la définition d’alternatives à mettre en place et sur la réflexion pour envisager les conditions d’un changement profond en partant des luttes politiques, sociales et pour la défense des droits humains.

La dimension prospective est essentielle : que va-t-il se passer pour l’Afrique avec la crise ? Sera-t-elle toujours objet d’un pillage concerté entre acteurs extérieurs et gouvernements locaux ?

Les objectifs spécifiques sont pour la première journée d’analyser et de proposer des réflexions pour le changement dans les domaines suivants :

  • La crise dans sa spécificité africaine, ses conséquences pour le continent et sa relation au monde (g20, institutions financières internationales, OMC, Union européenne, Chine).
  • La crise de la relation France-Afrique dans ses différentes composantes (politiques, diplomatiques, économiques, militaires).
  • Les évolutions de la crise alimentaire depuis début 2008. Après les déclarations sur la nécessité de remettre l’agriculture au coeur des politiques de développement, qu’en est-il sur le terrain ? Où en sont les luttes paysannes ? quelle est l’ampleur du phénomène d’ « accaparement des terres » ?Quelles menaces fait-il peser sur la souveraineté alimentaire des pays africains ?
  • Du point de vue théorico-pratique, la réflexion pourra porter sur le bilan de la libéralisation, de l’ouverture des marchés et l’élaboration d’un nouveau rapport entre Etat, pouvoir politique et marché pour dépasser la crise.

La seconde journée s’attachera aux résistances engagées contre la crise dans ses dimensions multiples, aux convergences et aux solidarités à construire (un tour d’horizon des luttes africaines pourra être fait grâce à la participation d’invités de plusieurs pays du continent) :

  • Quels sont les avancées et les difficultés rencontrées par les organisations de la « société civile »dans la lutte contre la corruption et pour la transparence ?
  • Où en sont les luttes syndicales ? quelles réponses apportent-elles au problème de l’emploi, à la crise ?
  • Quelles alternatives portent les partis politiques progressistes d’Afrique ?
  • Comment renforcer les convergences entre ces luttes et créer une solidarité internationale au service du changement ?

Manifestation connexe :

La FGP et le PIT co-organiseront avec le CIDEFE, centre d’information, de documentation et de formation des élus, et la fondation Rosa Luxemburg une journée d’échanges autour des enjeux de la gestion des collectivités territoriales, le 20 mai 2010.

Rassemblant des élus sénégalais, ouest-africains et français, les réflexions porteront sur les conceptions et les mécanismes de la décentralisation, la notion de service public, l’intervention citoyenne, la coopération décentralisée.

Pour les élus, inscription en ligne sur le site du Cidefe : Développement territorial en France et en Afrique

Organisation :

Le colloque sera organisé par la fondation Gabriel Péri, le Parti de l’indépendance et du travail en partenariat avec la revue Recherches Internationales, l’AFASPA et le laboratoire d’études et de recherches philosophiques et sociales contemporaines sur l’Afrique et le monde (LERPSCAM) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le colloque reçoit le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg.

Il sera découpé en 4 demi-journées. Pour la seconde journée consacrée aux résistances et aux luttes en cours sur le continent, les participants représentants de partis et d’organisations originaires d’une quinzaine de pays africains pourront exposer en une dizaine de minutes, une contribution écrite sur leur expérience, leur analyse d’un des aspects de la problématique et leur proposition pour le renforcement des convergences.