Les enjeux autour des catégories de pensée qui accompagnent les politiques éducatives des organismes internationaux et européens
par Daniel Frandji
Sociologue de l’éducation, laboratoire LAMES, détaché à l’INRP.
15 décembre 2009
Séance du mardi 15 décembre 2009 dans les locaux de la fondation, avec Daniel Frandji.
« Élèves à besoins spécifiques, groupes à risques, école inclusive… » : ces catégories structurent la vision de l’école que diffusent les politiques éducatives pilotées par les instances internationales et européennes. Elles sont le résultat d’un intense travail cognitif des oraganismes internationaux (et du néo-libéralisme) pour diffuser un certain regard sur les phénomènes éducatifs, qui marque non seulement les discours politiques et ceux à disposition des enseignants.
Dans la continuité de catégories préexistantes (élèves sous-doués, en difficulté, etc.), les catégories nouvelles participent d’une relativisation de l’échec et une modification de la réponse politique qui doit lui être apportée. Elles sont un instrument actif de l’éclatement de l’école unique comme d’une limitation de l’école à des fins adéquationnistes (limiter la scolarité des différents types d’élèves aux demandes sociales et économiques à court terme).
La déconstruction de ces catégories de pensée qui limitent l’horizon possible de la démocratisation, appelle en fin de compte à reconstruire des conceptions de l’école et de l’enseignement connectées à des politiques et des pratiques démocratisantes. Elle interroge aussi le discours de la connaissance en éducation, les options de recherches qui reprennent ces conceptions sans les questionner.
Daniel Frandji (sociologue de l’éducation, laboratoire LAMES, détaché à l’INRP) appuie son propos sur les résultats d’une recherche européenne sur les politiques d’éducation compensatoire. Cette séance, en détaillant le travail cognitif qui accompagne ces politiques européennes, poursuit celle du printemps dernier avec Jean-Yves Rochex, puisque ces deux chercheurs participaient à la même recherche collective.

