L’évaluation : un dispositif de domination ou d’émancipation ?
par Roland Gori
Psychanalyste
13 avril 2010
Séance du mardi 13 avril 2010, à l’Espace Niemeyer (Paris), avec Roland Gori, psychanalyste, professeur de psychologie et de psychopathologie à l’université d’Aix-Marseille, initiateur de « L’Appel des appels ».
Mise en bouche :
Nous sommes dans une société de « l’évaluation généralisée » où le gouvernement prétend soumettre à ce dispositif jusqu’à l’action politique des Ministres eux-mêmes. C’est au nom de la nécessité de « rendre des comptes » à la nation que s’est subrepticement installé un « appareil » de gouvernement dont on peut actuellement se demander si sa promotion est le fait d’une « transparence » démocratique ou l’opérateur de toutes les impostures ? Dans les métiers du soin, de la recherche, de la justice, de l’enseignement, de la culture, de l’information, du travail social, de la police, etc., on ne parle que de « tarification à l’activité » et « d’indicateurs quantitatifs ». Sommes-nous face à une nouvelle civilisation des mœurs, un nouvel art de gouverner qui conduit à un totalitarisme « light » auquel le Pouvoir soumet en douceur les individus et les populations ? L’évaluation quantitative n’est-elle pas une manière de transformer les actes des métiers en marchandises et les individus en « choses » ? Peut-on aujourd’hui redonner à l’évaluation la « valeur » politique et anthropologique qui était la sienne à l’origine, dans par exemple la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 Août 1789 ?
