Construire des églises dans une France industrielle : L’action de la société (1945-1975)
par Yves-Claude Lequin
Agrégé d’histoire (université de technologie de Belfort-Montbéliard).
21 février 2008
Cette séance s’est tenue le jeudi 21 février 2008 à la Salle des documents cinématographiques (Paris, 17e arrondissement).
Présentation de la conférence :
Pendant les Trente Glorieuses, environ 2500 églises et temples sont construits en France.
Secouée au XIXe siècle par les révolutions politiques, l’Eglise catholique de France sera ensuite confrontée aux bouleversements sociaux qui accompagnent l’industrialisation (années 1920 et 1950-1975). Organisée depuis un millénaire sur un maillage rural avec une liturgie qui ne l’est pas moins, elle se dote de nouveaux lieux de culte pour réaménager son territoire, renforcer sa présence dans les bassins ouvriers et se donne une allure plus conforme au siècle. D’abord en « banlieue rouge » de Paris (110 églises construites en 1931-1939 par les « chantiers du cardinal ») puis dans les autres régions industrielles.
On peut distinguer cinq phases : reconstruction (1945-1950) ; installation missionnaire en paroisses ouvrières (après 1950) ; implantation dans les ZUP (1958) ; heure du « profit bas » (1965-1970) ; églises « virtuelles » (hors les murs).
Comment l’Eglise catholique conçoit-elle et mène-t-elle cette politique ? Comment urbanistes et architectes y contribuent-ils ? Quel est le rôle de l’Etat et des collectivités locales ? S’agit-il d’un domaine technique neutre, échappant à l’affrontement social ? En s’adaptant à la civilisation industrielle pour se diversifier et se maintenir, l’Eglise se trouve traversée par de nouvelles contradictions.
Cette réflexion est conduite à partir d’une étude du bassin industriel de Belfort Montbéliard et propose quelques pistes à approfondir et élargir à l’ensemble de la France..
