De l’agriculture familiale à l’agro-business : la transition est-elle possible ? Quel avenir pour les agricultures d’Afrique de l’Ouest ?

« De l’agriculture familiale à l’agro-business : la transition est-elle possible ? Quel avenir pour les agricultures d’Afrique de l’Ouest ? »

Avec :

  • Marc Dufumier, 
    professeur, titulaire de la Chaire d’agriculture comparée et de développement agricole à l’Institut national agronomique Paris-Grignon, membre du conseil d’administration de l’Institut de recherches et d’applications des méthodes de développement (IRAM). 
    Auteur de Agricultures et paysanneries des Tiers mondes,Karthala, 2004 ; Projets de développement agricole. Manuel d’expertise, Karthala, réédition 2004.
  • Ibrahima Sène, 
    agro-économiste, responsable du département Economique et social du comité central du PIT.

Les agricultures familiales paysannes en Afrique ont produit une grande variété de systèmes agraires spécifiques à chaque aire géographique, caractérisés par un mode d’organisation sociale, des associations d’activités, des modalités d’adaptation aux contraintes naturelles. Les logiques de ces agricultures sont encore faiblement prises en compte, si bien que l’idée selon laquelle les systèmes de culture et d’élevage mis en œuvre aujourd’hui par les paysanneries africaines seraient archaïques, condamnés à l’immobilisme, est durablement ancrée.

Or, ces agricultures sont le fruit d’une longue histoire et d’une grande capacité des paysans à l’innovation dans des environnements écologiques et socio-économiques souvent hostiles. Ces techniques et savoir-faire peu connus méritent d’être expliqués et transmis. Ils pourraient tout autant servir de référence à l’élaboration des transitions agricoles, que les schémas proposés aujourd’hui, trop souvent inspiré des modèles productivistes des pays industrialisés.

Les enjeux de la transition agricole « à l’africaine », soulèvent ainsi de grandes questions dans des contextes où les tissus industriels sont souvent faibles, les populations peu formées et les politiques publiques difficiles à mettre en œuvre. Les paysans africains sont, de surcroît, soumis à une concurrence déloyale sur les marchés, comme celui du coton, de l’arachide ou du riz. Les modèles déjà expérimentés ne peuvent être simplement transposés.

Dans ces conditions, les gouvernements sont prêts à accepter l’utilisation des biotechnologies aux dépends du soutien aux agricultures paysannes, pour augmenter les rendements dans le souci d’accroître rapidement les ressources issues du secteur agricole. Les compagnies semencières transnationales affirment que les plantes génétiquement modifiées (PGM) peuvent y contribuer. Mais, la crédibilité à accorder à leurs propos fait débat.

La séance s’est concentrée sur l’étude de la culture du coton au Mali et au Burkina Faso, ainsi que sur la situation de l’agriculture au Sénégal, notamment dans les secteurs de l’arachide et du riz.

Indication bibliographiques :

  • Agricultures et paysanneries des Tiers mondes, Marc Dufumier, Karthala, 2004 ;
  • Projets de développement agricole. Manuel d’expertise, Marc Dufumier, Karthala, réédition 2004.
  • Numéro spécial : 10 ans - Agricultures d’Afrique de l’Ouest : un paysage qui se redessine, Grain de sel n°34-35, mars-août 2006.
  • Dossier « Agricultures familiales en Afrique subsaharienne », Afrique contemporaine n°217, De Boeck, AFD.

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Intervention d'Ibrahima Sene

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Intervention de Marc Dufumier

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