Conférence internationale : « Marxisme et développement durable »

La fondation Gabriel Péri [1] était invitée à participer à la troisième session du WAPE, Association internationale d’économie politique, située à Pékin, et présidée par le Professeur Cheng En-fu, Directeur de l’institut du Marxisme de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Les 24 et 25 mai 2008, à Langfang (Chine), plus de 80 économistes provenant de dix pays différents (Chine, Japon, Etats-Unis, Autriche, Australie, Angleterre, Grèce, République Démocratique du Congo, France) ont présenté leur papier sur le thème « Marxisme et développement durable ».

Alors que le capitalisme mondialisé est entré dans une crise globale (finance, risque alimentaire, environnement), il convient d’avancer sur la définition d’un nouveau rapport de l’homme à la nature et des activités humaines aux ressources naturelles, ainsi que de penser de nouvelles relations sociales afin de dépasser les inégalités croissantes et les tensions entre capital et travail.

La théorie marxiste nous indique que le mode de développement capitaliste fondé sur l’exploitation de l’homme et de la nature par l’homme, en vue de son expansion, n’est pas le cadre approprié pour repenser la transformation sociale nécessaire et relever les défis contemporains.

Le mode de production, la division internationale du travail, le libre-échange des biens, des services et des capitaux mondialisés et l’expansion de la société de consommation ont de lourdes conséquences sur l’environnement et les rapports socio-économiques (hausse des inégalités dans les pays développés comme dans le reste du monde). Les milieux naturels se dégradent, le climat change rapidement provoquant davantage de phénomènes extrêmes aux effets dévastateurs sur la vie humaine et la nature.

La Chine, devenue l’« atelier du monde » et le moteur de la croissance mondiale, paye d’un lourd tribut son entrée dans la compétition mondiale. Le niveau de vie s’est considérablement amélioré, mais les pollutions diverses, la désertification, l’impératif d’approvisionnement énergétique, la hausse des inégalités sociales, voire la fracture entre population urbaine et rurale, mettent en péril les avancées et font s’éloigner toute perspective de développement durable.

De nouvelles pistes peuvent être envisagées pour contrecarrer ces évolutions en Chine et dans le reste du monde. Il s’agit de réorganiser l’accès et la gestion des ressources naturelles –notamment l’eau et la terre-, énergétiques et alimentaires. La propriété publique, les services publics et le rôle de l’Etat, s’ils sont orientés vers l’intérêt général, apportent des garanties. Les relations internationales peuvent également évoluer vers davantage de coopération pour relever les défis mondiaux. Dans le monde multipolaire, la Chine joue un rôle de premier plan. Enfin, les consommateurs sont aussi des acteurs de pouvoir.

Les contributions suivantes apportent de nouveaux éléments au débat sur le développement durable.


[1] Ont participé à la conférence : Jean-Claude Delaunay, économiste, conseiller scientifique et chercheur à la fondation Gabriel Péri, Vice-président du WAPE ; Fabienne Pourre, chargée des questions « Mondialisation » au PCF, membre du Conseil d’administration de la fondation Gabriel Péri ; Chrystel Le Moing, chargée de mission aux relations internationales de la Fondation.


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