Quelle politique et quel financement alternatifs pour l’hôpital public aujourd’hui et demain ?

La crise que traversent les hôpitaux publics ou participant au service public est profonde, durable, et s’aggrave d’année en année. Une analyse mérite d’être conduite de façon à dégager des perspectives.

La crise hospitalière et la recherche d’une issue de progrès impliquent la prise en compte de différentes données. Il ne s’agit en aucun cas de prêcher l’immobilisme. En effet, le développement des sciences médicales oblige à une remise en cause permanente des pratiques hospitalières. L’évolution incessante des techniques justifie des transformations organisationnelles et des investissements importants. Les besoins des patients se transforment avec l’allongement de la vie, le développement des maladies chroniques, l’apparition de nouvelles pathologies. Les modes de vie de la population imposent des aspirations nouvelles dans les prises en charge. Des missions nouvelles se font jour dans le domaine de la prévention, de la formation des personnels, et de la recherche.

Ainsi la crise économique impacte de plein fouet les établissements. La crise du financement de l’Assurance Maladie, principal bailleur de fond de l’hôpital, est au premier plan des problèmes.

Le manque d’investissements, l’inadaptation des locaux, la régression des statuts des personnels, la pénurie de professionnels de santé, la bureaucratisation, les fermetures incessantes de services, le recul des réponses de proximité, toutes conséquences des politiques libérales appliquées à l’hôpital, plongent celui-ci dans un marasme sans précédent.

Enfin, les réformes des modes de financement (T2A, endettement massif des établissements, surtaxation des hôpitaux par l’Etat, transferts de charge) conduisent à une situation catastrophique. Les maîtres mots sont privatisation, commercialisation, marchandisation et réduction des coûts publics.

Nous proposons donc une étude scientifique pour établir un diagnostic sérieux et avancer des solutions radicales et cohérentes, en rupture avec les logiques libérales. Il s’agit d’écouter les professionnels médicaux, paramédicaux, administratifs, les gestionnaires et les représentants des usagers et de susciter les études et approfondissements nécessaires. Les économistes de la santé et les spécialistes de l’organisation des établissements, les chercheurs et les universitaires seront consultés.

Il s’agirait de partir des besoins de santé des populations. Une autre efficacité sanitaire, économique et sociale doit être mise en avant dans la perspective d’une avancée de civilisation où la personne humaine sera au cœur du dispositif.

Cela obligera à mettre en avant l’exigence d’une autre réforme du financement comme de l’organisation et de la gouvernance de l’hôpital et du système de santé

Les travaux sont prévus sur une durée de deux ans. Ils donneront lieu à diverses publications. Une publication régulière dans « Les Cahiers de Santé Publique et de Protection Sociale » permettra de diffuser les travaux du séminaire.

Ce séminaire sera dirigé par Catherine Mills, Maître de conférences honoraire à l’université de Paris 1, spécialiste d’économie de la protection sociale et de la santé, auteure de nombreux ouvrages sur le sujet, et membre des Commissions Economique et Santé et Protection sociale du PCF.

Séances prévues :

  • les besoins des populations (2 réunions) ;
  • l’organisation de l’hôpital (2 réunions) ;
  • le financement (2 réunions) ;
  • la psychiatrie ;
  • les urgences et le lien avec la médecine de ville
  • synthèse des travaux

Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr