L’Afrique au cœur de la mondialisation

La Fondation Gabriel Péri était partenaire du colloque francophone des doctorants en philosophie et sciences sociales organisé par le Laboratoire d’Études et de Recherches Philosophiques Sociales Contemporaines sur l’Afrique et le Monde (École doctorale « Études sur l’Homme et la Société ») de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Intitulé « L’Afrique au cœur de la mondialisation », l’événement est aussi un hommage au Professeur Sémou Pathé Gueye. Il s’est tenu du 5 au 7 janvier 2010 à l’UCAD II.

La manifestation a reçu le soutien du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et du Centre de recherches pour le développement international (CDI).


Sémou Pathé Gueye était un philosophe chez qui la pensée n’était pas coupée du réel. Dans le prolongement de penseurs comme Hegel et Marx, il estimait qu’un savoir coupé du réel n’avait d’intérêt que pour la vanité de l’érudition. Pour lui, la philosophie sert bien à quelque chose. C’est ce que confirment l’essentiel de ses écrits et le thème de son séminaire doctoral de philosophie moderne et contemporaine, de ces dix dernières années, au sein duquel la question de la place de l’Afrique, dans la marche actuelle du monde, occupait une place centrale. En effet, l’exigence de réfléchir en philosophe sur la mondialisation résultait chez lui du constat que le monde actuel est le théâtre de mutations rapides et accélérées qui affectent toutes les sphères (économique, politique, sociale, culturelle…) de l’existence humaine, ébranlent ses assises les plus profondes et posent, aussi bien aux sociétés qu’aux individus vivant en leur sein, des défis nouveaux.

Cette cinquième édition du colloque des doctorants se proposait d’une part, de procéder à l’analyse théorique de ce processus multidimensionnel complexe et contradictoire qui donne une acuité toute particulière à la quête du sens et, d’autre part, d’adapter cette problématique au contexte de l’Afrique. Il s’agissait, conformément à l’esprit et à la méthode des éditions passées du Colloque Interafricain des Doctorants en Philosophie et Sciences sociales, de combiner pour celui-ci les ressources théoriques et méthodologiques de différents domaines des sciences humaines et sociales, mais aussi de confronter les expériences de générations différentes de chercheurs et apprentis-chercheurs francophones (mais également non francophones pour rester fidèle à la dimension universelle du philosophe auquel le colloque rendait hommage), pour essayer d’apporter des éléments de réponses aux questions suivantes :

  • Face aux mutations que cette mondialisation induit et aux défis (politiques, économiques, sociaux, culturels, philosophiques, scientifiques et technologiques, éthiques, idéologiques, religieux, écologiques, etc.) qui en découlent quelles orientations philosophiques dégager pour un monde meilleur ?
  • Quelles perspectives la mondialisation ouvre-t-elle (ou ferme-t-elle) aujourd’hui à l’Afrique ?
  • Un développement durable conforme aux aspirations légitimes des générations présentes et futures, dans un monde de paix, de liberté, de justice sociale et de solidarité, est-il l’horizon d’un vivre commun solidairement construit ?

Il était attendu des communications qu’à partir de leurs plates-formes théoriques, des expériences respectives de leurs auteurs et éventuellement des écrits de Sémou Pathé Guèye, elles puissent contribuer à l’élaboration d’une vision endogène du futur africain qui soit motivante et mobilisatrice, tout en étant réaliste et scientifiquement argumentée. Cela supposait la volonté de sortir des sentiers battus et, par un effort soutenu et exigeant de conceptualisation et d’anticipation théorique, de dépasser les analyses purement descriptives pour dégager les tendances majeures de l’évolution contemporaine et éclairer la manière dont elles peuvent influencer la construction de l’avenir de l’Afrique. Elles devaient chercher ainsi à se hisser à la hauteur de l’enjeu qui est la reconquête par les intellectuels africains du sens de leur propre histoire et leur contribution, par ce biais, à la restitution au continent de la maîtrise de son propre destin.


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