Délégation de la fondation Gabriel Péri au Vietnam

17 au 23 septembre 2007

Une délégation de la Fondation Gabriel Péri s’est rendue au Vietnam du 17 au 23 septembre 2007. Conduite par Michel Maso, directeur, accompagné de Daniel Cirera, secrétaire général du conseil scientifique, et de Chrystel Le Moing, chargée de mission aux relations internationales, elle avait pour objectif de rencontrer des responsables politiques et les membres d’académies de recherches afin de convenir des modalités d’une coopération étroite entre la fondation et des organismes de recherche au Vietnam.

Dans un contexte où la France et le Vietnam entretiennent des relations spécifiques nées d’une histoire commune, où les partis communistes français et vietnamien sont liés par une solidarité forte héritée de la lutte anticoloniale et de l’opposition aux États-Unis lors de la guerre du Vietnam, la fondation a reçu un accueil très favorable et le programme de rencontres qui lui a été proposé correspondait aux demandes qu’elle avait formulées.

Rencontres

La délégation a été reçue par Pham Xuan Son, vice-président de la commission des relations extérieures du Parti communiste vietnamien (PCV), Dang Ngoc Tung, président de la Confédération générale du travail du Vietnam (CGTV), Duong Van Sao, directeur de l’institut de recherches de la CGTV, Dr Nguyen Viet Thong, secrétaire général du conseil central de la théorie du PCV, To Huy Rua, président de la commission centrale de la propagande et de l’éducation du PCV, le président de l’Académie nationale des sciences politiques et administratives de Ho Chi Minh, et Pr Do Hoai Nam, président de l’Académie nationale des sciences sociales et humaines. Elle a également été reçue à l’ambassade de France par Hervé Bolot, ambassadeur de France au Vietnam.

Synthèse des entretiens

Les entretiens ont permis à la délégation de comprendre les mutations socio-économiques et politiques du Vietnam sous l’effet de la mise en œuvre du Doi Moi (Renouveau) depuis 1986, les défis soulevés par l’insertion du pays dans l’économie mondiale et la voie spécifique qu’il cherche à construire sous la notion d’ « économie de marché à orientation socialiste ».

Alors que dans les années 80, le pays était plongé dans une crise socio-économique profonde due au système étatique et collectiviste, il adopte en 1986 une série de résolutions pour lancer un vaste programme de réformes appelé le Doi Moi. L’économie de marché est alors introduite progressivement.

Avec les réformes, le PNB a été multiplié par deux tous les dix ans depuis 1986. Le taux de croissance, de 8.2% en 2006, est à 7.5% pour 2007. Le revenu par habitant qui était auparavant de 200$, est monté à près de 700$ en 2007. L’objectif est d’atteindre 1000 à 1200$ en 2010.

Depuis 1995, l’intégration du Vietnam à l’économie internationale s’est effectuée selon une feuille de route de l’intégration régionale, à travers l’entrée dans l’ASEAN [1] , l’AFTA [2], l’APEC [3], à l’intégration mondiale avec l’adhésion à l’OMC qui est devenue effective en janvier 2007 après 11 ans de négociations. Cette évolution est allée de pair avec la mise en œuvre d’une nouvelle politique extérieure prônant la multiplication des coopérations dans le cadre bilatéral et multilatéral. Le pays a notamment normalisé ses relations avec les États-Unis.

L’ouverture s’est également traduite par une complexification des structures économiques (coexistence de multiples composantes privées, publiques, coopératives, et rôle des capitaux étrangers) et une différenciation croissante au sein de la population entre riches et pauvres, et entre les ouvriers qualifiés et non-qualifiés. Le pays doit relever le défi d’une démographie qui s’accroît rapidement où les jeunes sont de plus en plus nombreux. Les zones rurales enclavées font l’objet de politiques ciblées. Mais la pauvreté demeure très répandue, d’autant que la pression sur les villes augmente sous l’effet de l’exode rural. Avec l’entrée à l’OMC, les paysans vietnamiens font face à une nouvelle concurrence internationale et sont davantage touchés par le chômage.

De nombreux défis socio-économiques, politiques et environnementaux se posent donc au pays qui tente de préciser et consolider sa propre voie, celle d’une économie de marché à orientation socialiste.

Perspectives

Les rencontres ont également permis d’esquisser les pistes de coopération avec le conseil central de la théorie du PCV, les académies de sciences politiques et administratives, et des sciences sociales et humaines. Des thématiques de recherche ont été identifiées autour des questions énergétiques, de l’évolution des classes sociales et de l’économie de marché.

Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr