Regards croisés sur les luttes paysannes en Afrique de l’Ouest

« Regards croisés sur les luttes paysannes en Afrique de l’Ouest »

Avec :

  • Dihyé Amoakon, secrétaire général de l’Association nationale des organisations professionnelles de Côte d’Ivoire (ANOPACI) et président de l’Union des aviculteurs ;
  • Ibrahima Coulibaly, coordinateur du Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles (ROPPA) pour le Mali, président de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali (CNOP) ;
  • Dodo Boureima, secrétaire exécutif de l’Association de la redynamisation d’élevage au Niger (AREN), membre de la plate forme paysanne du Niger. Dodo Boureima n’a pas pu participer à la séance, mais nous a fait parvenir une contribution que nous publions ci-dessous.

Les luttes paysannes connaissent un regain important en Afrique de l’Ouest. Des batailles menées à l’OMC contre les pays qui subventionnent leur agriculture d’exportation, à la lutte pour la reconnaissance du concept de souveraineté alimentaire dans les législations nationales (Loi d’orientation agricole), régionales (Politique agricole commune de l’UEMOA et de la CEDEAO) et internationale, les organisations de producteurs et leur fédération ont fait leur entrée dans le débat agricole africain et mondial.

Elles sont inégalement structurées selon les territoires, et ne font pas toute valoir de la même manière leurs revendications. Les paysans rencontrent également d’importantes difficultés dans la construction des propositions. Crée en 2000, le réseau des organisations paysannes et de producteurs africains (ROPPA), clairement positionné dans les enjeux internationaux, parvient, avec force et efficacité, à développer une réflexion prospective qui fait la promotion de l’agriculture paysanne et de l’exploitation familiale.

Mais l’issue de ces luttes pour la survie de la petite paysannerie et pour une certaine modernisation des agricultures africaines demeure incertaine. Les gouvernements et les évolutions en milieu rural démontrent que l’agriculture d’entreprise (agrobusiness) reposant sur de grandes exploitations, une haute technicité et l’uniformisation des semences, est plébiscitée par les acteurs privés, institutionnels et étatiques. Les systèmes fonciers sont modifiés menaçant toujours plus les petits exploitants.

Par ailleurs, ces luttes s’attaquent à un modèle et des pratiques imposés -celle de l’agrobusiness mondiale- qui nient la diversité des savoirs et des savoir-faire, la relation à la nature et la culture des paysanneries africaines. Elles incarnent enfin un combat pour une dignité, que les élites leur souvent ont confisquée.

Le réveil paysan africain est-il susceptible de modifier durablement le rapport de force ? Une nouvelle voie de modernisation agricole doit être proposée, à l’heure où les jeunes ne veulent plus travailler aux champs, et où la croissance démographique nourrie le péril urbain. Quels contenus, quelles coopérations entre les acteurs et quels instruments de politiques agricoles et de politiques publiques sont nécessaires pour atteindre les objectifs de défense des petits exploitants et de souveraineté alimentaire ?

Les intervenants, issus de trois pays de la sous-région, Niger, Mali et Côte d’Ivoire, nous expliqueront comment les luttes paysannes peuvent être des leviers pour ouvrir de nouvelles perspectives au monde rural africain.


Document :

Rapport de synthèse 2007 du forum mondial sur la souveraineté alimentaire Nyéléni (publié par nyeleni2007.org)


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