Souveraineté alimentaire et intégration régionale. Quel rôle pour les organisations régionales africaines ?

Séance du Mercredi 24 janvier 2007

Conférence : « Souveraineté alimentaire et intégration régionale : Quel rôle pour les organisations régionales africaines ? »

Avec

  • Vanessa Alby-Flores, Chargée de programme à Institut de Recherche et d’Application des Méthodes de Développement ;
  • Jean-Christophe Boungou Bazika, directeur du centre d’études et de recherches sur les analyses économiques, Congo-Brazzaville, chercheur à l’université Marien Ngouabi.

Présentation de la séance :

Deux types de pression agissent en faveur de l’intégration régionale. L’une est exercée depuis « la base » par des populations qui veulent pouvoir circuler librement au-delà des frontières pour s’approvisionner, travailler et vendre leurs produits issus pour la plupart de l’agriculture et du secteur rural. L’autre provient de l’extérieur et est fortement liée à la mondialisation du commerce.

Dans le cadre de la renégociation des accords de Cotonou entre l’Union européenne et les pays des zones Afrique Caraïbes Pacifique et de la création du NEPAD, les organisations régionales sont incitées à favoriser les échanges commerciaux par une libéralisation et une ouverture de leurs marchés. Or, le défi d’une intégration régionale réussie en Afrique qui améliore les conditions de vie, réside davantage dans le développement des territoires par l’investissement, l’intégration des économies, de la production, des stratégies industrielles et de développement rural.

La problématique de l’intégration régionale pose le débat fondamental de la nature du développement et des voies pour y parvenir. Les conflits sont intenses entre les partisans d’un commerce libéralisé pouvant impulser seul le développement, et ceux demandant une intégration régionale qui permette de protéger les marchés, d’intégrer les systèmes de production pour permettre aux producteurs et commerçants de vivre dignement de leur travail. Ces enjeux sont déterminants pour l’avenir des populations africaines vivant majoritairement de l’agriculture et en milieu rural.

L’ouverture des frontières et la suppression des faibles protections existantes telles qu’elles sont promues par les institutions internationales, entrent en contradiction avec le principe de souveraineté alimentaire. Un nombre croissant d’acteurs, producteurs, chercheurs, fonctionnaires s’inscrivent dans une nouvelle perspective et envisagent une intégration régionale qui consiste à protéger et soutenir les productions locales, et à organiser de véritables marchés agricoles régionaux, comme l’ont fait l’Inde, la Chine et d’autres pays d’Asie.


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