Présentation du séminaire

Ce nouveau séminaire de la Fondation Gabriel Péri se propose d’examiner les enjeux idéologique et scientifique des crises capitalistes.

Il le fera à partir des théories sur les crises de toutes les écoles de pensée économique, depuis trois siècles, ce à quoi est consacré le dernier ouvrage de Paul Boccara, Théories sur les crises, la suraccumulation et la dévalorisation du capital (Delga, septembre 2013).

Le séminaire s’adresse aux citoyens, aux militants politiques et syndicaux, aux étudiants, aux enseignants et chercheurs universitaires, en économie et en sciences sociales.

Une barrière idéologique et théorique, élevée dans les médias et dans l’université, tend à la minimisation des crises économiques capitalistes et à la résignation ; à l’explication de leur caractère nécessaire et plus ou moins catastrophique, pour en éviter la critique et la possibilité d’actions contre leurs méfaits sociaux.

À l’inverse, il s’agit donc de contribuer à faire grandir la culture économique critique dans le grand public et chez les spécialistes sur une question de société cruciale, surtout après la gravité des crises mondialisées depuis 2008, et à favoriser des actions immédiates ou en perspective, notamment face au risque de nouveaux effondrements.

Contre les illusions sur les crises, la diffusion des critiques, des idées économiques hétérodoxes, particulièrement des keynésiens de gauche et des marxistes, est tout à fait indispensable.

Déjà, l’analyse de Marx s’appuyait sur les théories économiques existantes de son temps, de l’école dite classique notamment. Il s’agit de s’appuyer sur les classiques, certes, mais aussi sur toutes les écoles ultérieures jusqu’à nos jours (néoclassiques, marxistes, keynésiennes, etc.) et cela pour une analyse objective plurielle des crises, aussi bien contre l’apologie réactionnaire, que contre le sectarisme de dénonciation réductrice ; contre la résignation du social-libéralisme et pour une alternative radicale devenue possible.

L’enjeu des crises capitalistes permet d’aller au-delà des analyses traditionnelles se réclamant de Marx et au cœur des défis de critique et de dépassement du système. De l’analyse de l’exploitation et des rapports fondamentaux salaires/ profits/ accumulation des capitaux, du Livre 1er du Capital, on passe aux analyses du Livre III sur la suraccumulation et la dévalorisation du capital. Elles concernent les pressions pour maintenir les rapports fondamentaux et aussi les bases des crises nécessaires, plus ou moins catastrophiques.

Dans toutes les écoles théoriques, cela se rapporte au cœur de l’analyse du système capitaliste : l’incitation à son type de croissance fondé sur l’accumulation du capital et sa réponse aux difficultés, en liaison avec les technologies de la révolution industrielle et le taux de profit. D’où les illusions sur son adaptation et le caractère indépassable du système, mais aussi les leçons pour son dépassement, avec une autre régulation économique, s’appuyant sur le passage de la révolution industrielle à la révolution informationnelle, éradiquant les crises catastrophiques.

D’où l’apport aux luttes immédiates, comme celles contre l’austérité et aussi pour une alternative radicale Cette dernière pourrait aller au-delà des propositions existantes sur la maîtrise et le dépassement des marchés. Elle se rapporterait à une autre incitation concernant les recherches et la formation et aux corrections non- catastrophiques de leurs excès.

Nature des séances prévues du Séminaire

Il s’agirait de 3 séances, d’environ deux heure trente, de 14h30 à 17h, à l’Hôtel Mercure.

  • Samedi 7 décembre 2013
    sur l’introduction à la thématique d’ensemble et sur les analyses unilatérales de la suraccumulation, de la sous- consommation et de la surconsommation.
  • Samedi 8 février 2014
    sur les tentatives de dépassement des analyses unilatérales.
  • Samedi 5 avril 2014
    sur la dévalorisation de capital, sa négation illusoire, les leçons pour une autre régulation sans crises catastrophiques.

Outre une distribution d’extraits de l’ouvrage sur la séance, il y aurait une introduction de trois quarts d’heure, les interventions de discutants sollicités, les questions-réponses avec le public.

Avec la participation, y compris comme discutants de :

  • Rémy Herrera, chargé de recherche au CNRS, Centre d’économie de La Sorbonne, Université de Paris 1 ;
  • Catherine Mills, économiste, maître de conférences honoraire, à l’université de Paris 1 ;
  • Gilles Rasselet, professeur de sciences économiques à l’université de Reims -Champagne Ardenne.

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