Regards croisés sur les mouvements sociaux de l’année 2011 au Burkina Faso

Le samedi 3 décembre 2011, la fondation Gabriel Péri accueillait dans ses locaux une journée de réflexion organisée par le Comité international Joseph Ki-zerbo (CIJK) et le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort du professeur Ki-zerbo. Intitulée « Regards croisés sur les mouvements sociaux de l’année 2011 au Burkina Faso », la rencontre souhaite contribuer à une meilleure intelligence de la culture démocratique en construction au Burkina Faso en proposant une analyse approfondie des mouvements citoyens et de la lutte contre l’impunité engagés dans le pays.

Elle réunit les principaux acteurs interpelés par la crise de la gouvernance, au Burkina Faso en particulier, et en Afrique subsaharienne en général, et vise à jeter les jalons pour l’organisation d’un colloque en 2012 sur la genèse et les implications des mouvements sociaux au Burkina Faso depuis 50 ans.

Description du projet

Contexte

Penser les mouvements sociaux et révolutionnaires qui affectent le Continent africain en 2011 est une exigence à laquelle fait écho l’affirmation de Hannah Arendt selon laquelle « la pensée naît de l’expérience des événements de notre vie et doit leur demeurer liée ». C’est elle aussi qui écrit à propos de l’histoire des révolutions qu’elles définissent comme la légende d’un “trésor sans âge qui, dans les circonstances les plus diverses apparaît, brusquement à l’improviste, et disparaît à nouveau“.

L’ambition du projet ici présenté sera de contribuer à promouvoir des approches plus attentives à la tradition d’action politique populaire au Burkina, à ses acteurs connus et méconnus, au quotidien qui anime leur action.

Le droit que certains s’arrogent, à l’extérieur du continent, de discourirad nauseam, sur l’Afrique, ignorant semble-t-il, malgré leur étonnante érudition sur l’Afrique « traditionnelle », le proverbe africain selon lequel « On ne peut coiffer quelqu’un en son absence » ne peut leur être refusé : jusqu’à une période récente, l’histoire du monde a été l’histoire de son appropriation par l’Occident, plus précisément ses structures capitalistes. En revanche il devient difficilement acceptable aujourd’hui, au moment où l’Afrique cherche à reprendre l’initiative historique, que les approches et supports produits par ces sources extra-africaines servent de référence, et selon des rapports postcoloniaux de production, déterminent mêmes les champs de pensée et les méthodologies, les corpus de référence et l’économie des citations, alors que la masse des recherches faites par des Africains sur l’Afrique est structurellement réprimée, avec la complicité volontaire ou involontaire des chercheurs africains eux-mêmes.

Suite aux prises de position antérieures du CIJK et du MBDHP, il est apparu nécessaire de poursuivre la réflexion à travers l’organisation de débats réunissant les principaux acteurs interpelés par la crise de la gouvernance, au Burkina Faso en particulier, et en Afrique subsaharienne en général.

Le présent projet, prélude à un colloque en 2012, porte sur une journée de réflexion sur l’actualité des mouvements sociaux en 2011 au Burkina Faso.

Thèmes

Les thèmes abordés seront les suivants :

  • Témoignages sur le Professeur Joseph Ki-Zerbo
  • Témoignages sur la transition démocratique au début des années 1990.
  • Mouvements sociaux récents et renforcement de la démocratie en Afrique et/ou au Burkina Faso ;
  • Compréhension de la crise sociale de 2011 au Burkina Faso et des mécanismes mis en œuvre pour sa résolution (CCRP, assises régionales et nationales, boycott des partis politiques et de la société civile…).
  • Points de vue des jeunes sur leur propre rôle dans les changements démocratiques au Burkina Faso
  • Recommandations, notamment dans la perspective d’un colloque en 2012

Objectifs

Objectif principal

Dans la cadre du cinquième anniversaire de la disparition du Professeur Joseph Ki-Zerbo, le CIJK et le MBDHP souhaitent contribuer à une meilleure intelligence de la culture démocratique en construction au Burkina Faso en recentrant le regard sur les mouvements citoyens et la lutte contre l’impunité qu’a connu le Burkina durant l’année 2011.

Objectif spécifiques

  • Inviter les Burkinabé de la diaspora en Europe à réfléchir ensemble sur la crise socio-politique de 2011 au Burkina Faso ;
  • Contribuer à l’histoire sociale du Burkina Faso en vue d’une meilleure intelligence du politique au Burkina Faso
  • Jeter les bases pour l’organisation d’un colloque en 2012 sur la thématique des mouvements soco-politiques au Burkina Faso.

Résultats attendus

  • Le CIJK et le MBDHP/France contribuent au débat démocratique et à l’histoire du mouvement démocratique et pour les droits de l’Homme en Afrique et au Burkina ;
  • Des propositions sont faites pour des actions communes futures, notamment un colloque en 2012

Déroulement

La journée de réflexion aura lieu le 3 décembre 2011 de 14h à 19h. Elle réunira participants résidant en France et dans les pays voisins autour du bilan de la crise socio-politique du premier semestre 2011 au Burkina Faso.

La journée débutera par des séquences audiovisuelles puis les responsables du CIJK et du MBDHP prendront la parole pour souhaiter la bienvenue aux invités et introduire la rencontre.

Les interventions se feront sous forme de panels suivis de débats, puis interviendra une pause café à l’issue de laquelle auront lieu la synthèse et la clôture.

Intervenants de la rencontre de paris

  • Jean-Pierre Bayala, 
    Colonel à la retraite. Magistrat. Vice-Président et conseiller juridique de la Croix rouge burkinabé. Consultant indépendant en réforme des secteurs de sécurité.
  • Lazare Ki-Zerbo 
    Philosophe. Secrétaire exécutif du CIJK et membre du Comité scientifique de la Fondation Joseph Ki-zerbo. Co-auteur de « Etudes africaines de géographie par le bas », (ed. CODESRIA, 2006) et du recueil de textes sur le Mouvement panafricaniste au vingtième siècle. Membre fondateur du Mouvement des intellectuels Burkinabé
  • Germaine Nassouri 
    Compagnon de première heure de Thomas Sankara. Elle fut Haut-Commissaire de 1984 à1987 et s’était distinguée par sa liberté de parole. Elle vit aujourd’hui à Paris.
  • Pr Cruz Melchor Eya Nchama 
    Compagnon du Professeur Joseph Ki-Zerbo. Président du CIJK. De nationalité suisse et d’origine équato-guinéenn, il est expert international en droits de l’Homme. Précédemment collaborateur du Sous-Secrétaire général des Nations Unies M. Pr. Ibrahima Fall et Président du Conseil municipal de la commune du Grand Saconnex. Responsable actuel de la Commission Politique extérieure du Parti socialiste suisse.
  • Didier Ouédraogo 
    Président du MBDHP Section France. Universitaire enseignant à l’Université de Versailles. Coordinateur de l’ONG Action Mopti.
  • Drissa Toure 
    Philosophe, membre fondateur du MBDHP et également Consultant à l’Union interafricaine des droits de l’Homme. Il a publié des travaux sur l’esclavage dans le cadre de la Conférence de Durban contre les discriminations et le racisme, dont il pourra faire le bilan de dix ans de suivi.

Programme

  • 10h-12h 
    Réunion de concertation 
    CIJK, MBDHP, CADB et Comité d’organisation
  • 12h30-14h 
    Pause-déjeuner
  • 14h-14h30 
    Accueil et installation
  • 14h30-14h40 
    Mots de bienvenue 
    Mme Hadissa Alira , Porte-parole du CIJK 
    M. Didier Ouédraogo, Pdt MDHBP/France 
    M. Lazare Ki-Zerbo, Secrétaire exécutif du CIJK
  • 14h40-15h 
    Introduction aux débats 
    M. Pr. Cruz Melchior Eya Nchama, Président du CIJK
  • 15h – 16h 
    Premier panel : Droits de l’Homme et culture politique au Burkina Faso 50 ans après l’indépendance : jalons pour un autre Burkina 
    Regard critique sur la situation des droits de l’Homme au Burkina Faso 
    M. Didier Ouédraogo, Président de la section France du MBDHP 
    Mouvements populaires et culture politique au Burkina Faso depuis 1966 
    M. Lazare Ki-Zerbo, Secrétaire exécutif du CIJK 
    Armée burkinabé et culture républicaine : quelles réformes ? 
    M. Jean-Pierre Bayala
  • 16h15-16h45 
    Pause-musique 
    Carlos
  • 16h45-17h Deuxième panel : Dialogue intergénérationnel sur le CADB et les préoccupations de la jeune générations 
    Témoignages sur le Comité d’action pour la Démocratie au Burkina Faso (CADB) 
    M. Jean-Marie Sawadogo, Ancien Directeur de la fonction publique voltaïque et Fonctionnaire international à l’OCAM 
    Mme Germaine Nassouri, Haut Commissaire sous le CNR
  • 17h-17h15 
    Jeunesse et participation citoyenne : bilan d’une décennie et perspectives 
    Mlle Mariam Same, 
    M. Yves Nassouri
  • 17h15- 17h30 
    Débats
  • 17h30-17h45 
    Synthèse et suivi 
    Honoré Tiegnan, CIJK 
    MBDHP
  • 17h45-18h 
    Mots de clôture 
    Didier Oédraogo 
    Hadissa Alira 
    L. Ki-Zerbo 
    M. Pr. Cruz Melchior Eya Nchama

Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr