Jeunes, engagement et action politique

Conférence du mercredi 21 mars 2012 de Michel Vakaloulis, enseignant chercheur en sociologie politique, coordinateur de l’étude menée pour la fondation Gabriel Péri, Crise, action collective et projet politique.

Les rapports de la jeune génération à la politique sont, aussi bien pour les analystes que pour les acteurs sociaux, une véritable boîte noire. On se contente de les mentionner, en évoquant tantôt le déclin des identifications partisanes, tantôt la déception intériorisée des jeunes à l’égard de la politique légitime. Mais on a du mal à les identifier avec précision et à les éclairer. Comment les jeunes pensent-ils les questions de société, les affaires publiques, leur propre avenir ? Comment réagissent-ils face à la crise systémique ? Quelle est leur perception de la « bonne conduite » à suivre pour s’accomplir dans la vie ?

La crise financière et économique actuelle oblige à revisiter les positionnements et les représentations des jeunes sur la politique. C’est une période paradoxale, confuse, contradictoire. Les rapports sociaux d’échange et de communication apparaissent davantage comme des rapports de dissociation et de mise en concurrence généralisée. Face à l’ampleur des dégâts et la perte de la hiérarchie des valeurs, une grande partie de la jeunesse résiste à la tentative d’être réduite en variable d’ajustement.

Comme le montre l’irruption de différents collectifs revendicatifs dans l’espace public, et plus récemment, du mouvement des Indignés, notamment en Espagne et en Grèce, beaucoup de jeunes retrouvent l’envie d’actionner des leviers pour combattre la montée des précarisations. Ils souhaitent déplacer les lignes de démarcation entre le possible et le souhaitable en faveur de ceux et de celles qui produisent des richesses. Mais cette posture exprime souvent un désir de changement plutôt qu’une conception cohérente et alternative aux forces dominantes.

Entre apprentissage collectif et quête de réalisation individuelle, la jeune génération accède à la « société de la connaissance » et aspire à la reconnaissance sociale. C’est ici que le rapport des jeunes à la politique devient effectif. En fait, quelles sont leurs préoccupations, leurs critiques, leurs projections dans l’avenir ? Quelles sont les « chances » et les conditions de leur participation politique pour défendre la dignité humaine, la démocratie, le bien commun ? Quels axes de recomposition du politique envisager pour qu’il se fasse en tenant effectivement compte des nouvelles formes de politisation qui traversent la nouvelle génération ? Quel rôle politique peuvent valablement jouer les formations progressistes qui s’inscrivent dans cette direction ? Autant de questions fondamentales sur lesquelles il s’agit d’apporter quelques éléments critiques à partir d’une enquête empirique comparative en cours.

Michel

Conférence du mercredi 21 mars 2012 de Michel Vakaloulis, enseignant chercheur en sociologie politique, coordinateur de l’étude menée pour la fondation Gabriel Péri, Crise, action collective et projet politique.

Les rapports de la jeune génération à la politique sont, aussi bien pour les analystes que pour les acteurs sociaux, une véritable boîte noire. On se contente de les mentionner, en évoquant tantôt le déclin des identifications partisanes, tantôt la déception intériorisée des jeunes à l’égard de la politique légitime. Mais on a du mal à les identifier avec précision et à les éclairer. Comment les jeunes pensent-ils les questions de société, les affaires publiques, leur propre avenir ? Comment réagissent-ils face à la crise systémique ? Quelle est leur perception de la « bonne conduite » à suivre pour s’accomplir dans la vie ?

La crise financière et économique actuelle oblige à revisiter les positionnements et les représentations des jeunes sur la politique. C’est une période paradoxale, confuse, contradictoire. Les rapports sociaux d’échange et de communication apparaissent davantage comme des rapports de dissociation et de mise en concurrence généralisée. Face à l’ampleur des dégâts et la perte de la hiérarchie des valeurs, une grande partie de la jeunesse résiste à la tentative d’être réduite en variable d’ajustement.

Comme le montre l’irruption de différents collectifs revendicatifs dans l’espace public, et plus récemment, du mouvement des Indignés, notamment en Espagne et en Grèce, beaucoup de jeunes retrouvent l’envie d’actionner des leviers pour combattre la montée des précarisations. Ils souhaitent déplacer les lignes de démarcation entre le possible et le souhaitable en faveur de ceux et de celles qui produisent des richesses. Mais cette posture exprime souvent un désir de changement plutôt qu’une conception cohérente et alternative aux forces dominantes.

Entre apprentissage collectif et quête de réalisation individuelle, la jeune génération accède à la « société de la connaissance » et aspire à la reconnaissance sociale. C’est ici que le rapport des jeunes à la politique devient effectif. En fait, quelles sont leurs préoccupations, leurs critiques, leurs projections dans l’avenir ? Quelles sont les « chances » et les conditions de leur participation politique pour défendre la dignité humaine, la démocratie, le bien commun ? Quels axes de recomposition du politique envisager pour qu’il se fasse en tenant effectivement compte des nouvelles formes de politisation qui traversent la nouvelle génération ? Quel rôle politique peuvent valablement jouer les formations progressistes qui s’inscrivent dans cette direction ? Autant de questions fondamentales sur lesquelles il s’agit d’apporter quelques éléments critiques à partir d’une enquête empirique comparative en cours.

Michel Vakaloulis est enseignant chercheur en sociologie politique. Économiste de formation, diplômé en sciences politiques, docteur en philosophie, est actuellement maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université Paris 8. 
Il est membre de plusieurs revues scientifiques, en France et à l’étranger. 
Auteur de dizaines d’articles et d’une quinzaine d’ouvrages, nombre de ses travaux ont été traduits en plusieurs langues. 
Il est aussi auteur de nombreuses expertises et enquêtes sociologiques pour des institutions publiques, des comités d’entreprise et des organisations syndicales.

est enseignant chercheur en sociologie politique. Économiste de formation, diplômé en sciences politiques, docteur en philosophie, est actuellement maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université Paris 8.
Il est membre de plusieurs revues scientifiques, en France et à l’étranger.
Auteur de dizaines d’articles et d’une quinzaine d’ouvrages, nombre de ses travaux ont été traduits en plusieurs langues.
Il est aussi auteur de nombreuses expertises et enquêtes sociologiques pour des institutions publiques, des comités d’entreprise et des organisations syndicales.


Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr