Crise sociale et politique d’austérité, à l’intérieur ; influence en berne à l’extérieur : les Etats-Unis de Barack Obama peuvent-ils surmonter leurs contradictions ?

Rencontre du mercredi 9 mars 2011, avec Mark Kesselman, professeur émérite de science politique à l’université Columbia de New York (États-Unis).


 

Les élections de mi-mandat ont été défavorables au camp démocrate. Les Républicains se sont imposés à la Chambre des représentants sans parvenir toutefois à gagner la majorité au Sénat, compliquant ainsi la tâche pour le président Barack Obama. Les résultats du scrutin ont démontré l’ampleur du mécontentement des Américains dont les principales préoccupations demeurent l’emploi, la peur de l’expulsion et l’accroissement des inégalités sociales.

Le plan de sauvetage de la finance et de relance de l’économie comme l’extension de la protection sociale n’ont pas résolu les problèmes soulevés par la crise. Les acteurs financiers et Wall Street apparaissent toujours comme des coupables en liberté, alors que le gouvernement met en place une politique drastique de réduction du déficit qui passe notamment par des coupes dans les dépenses publiques. Ces mesures vont dans le sens des pressions exercées par les marchés financiers et par les Républicains qui réclament davantage d’austérité.

En effet, au niveau des États, les gouverneurs républicains mettent en oeuvre des politiques de rigueur budgétaire inouïes, comme au Wisconsin, soulevant une levée de bouclier des syndicats et des employés du secteur public qui pourrait s’étendre à d’autres régions.

Réunissant les plus radicaux des Républicains, le mouvement ultra conservateur du Tea Party est en outre à l’origine d’une offensive violente contre les progressistes américains, les militants politiques et syndicaux qui résistent contre ces politiques. Les tensions s’en trouvent donc exacerbées et posent de nombreux défis à la gauche américaine en termes d’expression, d’organisation et de mobilisation. Elle soulève aussi la question d’une solidarité à renforcer entre les forces de progrès en Europe, aux États-Unis et dans le monde.

Les révolutions tunisiennes et égyptiennes, ainsi que les mouvements d’insurrection populaire en cours en Afrique du Nord, au Proche et au Moyen Orients, secouent la scène internationale et interrogent la politique étrangère américaine que Barack Obama a pourtant contribué à réorienter en faveur d’une plus grande tolérance et d’une plus grande ouverture. Face à une crise sociale d’ampleur internationale qui bouleverse les rapports de force et fait chuté des régimes dictatoriaux, la stratégie des États-Unis et leur influence se trouvent en effet profondément discréditées.

Invité de la fondation Gabriel Péri, Mark Kesselman, professeur émérite de science politique à l’université Columbia de New York (États-Unis), apportera son analyse sur ces enjeux à la fois de politique intérieure et extérieure.

Voir les précédentes conférences de Mark Kesselman :

  • Quelles marges de manœuvre pour Obama et quelle stratégie pour la gauche face à une droite dure, à la crise et aux attentes ?
  • Les 100 premiers jours du président Barack Obama : le verre à moitié plein ou à moitié vide ?
  • Les grands enjeux de la campagne électorale aux Etats-Unis

Et aussi, la participation de la fondation Gabriel Péri au Left Forum 2010 :

Compte-rendu du Left Forum 2010


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